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Jean Rochette

Jean Rochette est né à Ceyroux dans la Creuse le 29 septembre 1882. Il vient s'installer à Rimogne mais les circonstances de ce déplacement me sont inconnues. Pendant la Première Guerre Mondiale, il sert comme 2ème canonnier conducteur. Il meurt le 13 février 1918 de ses blessures à Minerville en Meurthe et Moselle.

Je vous propose donc de découvrir ci-dessous des extraits de son journal de guerre. Je l'ai recopié tel quel, j'ai juste mis en page pour une présentation plus claire. Je tiens à remercier Olivier Gaquere, son arrière-petit-fils pour m'avoir envoyé ce précieux document.

Mémoire de Rochette Jean

Guerre 1914-1918

1er août 1914

Mobilisé à 4h du matin à Rimogne (Ardennes). je suis parti pour Verdun où je suis arrivé à 3h du soir ; versé à la 8e batterie du 61è d'artillerie avec deux enfants de Rimogne, Saimpère et Viot.
Vite un mot aux êtres chers restés là-bas et nous partons.

2 août 1914

Arrivé à Bauzet près de la frontière, nous attendons le commandemant.

3 août 8h du matin

Toujours à Bauzet (23 km de Metz) là commencent nos misères, toujours équipés dans l'attente ; nous avons soif et faim, l'argent ne manque pas , mais rien dans le pays, je suis affecté avec Viot au 2e échelon du train réglementaire ; un peu triste d'être dans nouvelles des miens.

6 août 1914

Nous attendons toujours le reste de la division qui doit venir nous rejoindre ; toujours sur le qui vive sans se déshabillé. toujours dans l'inquiétude sans nouvelles des miens.

28 août 1914

Boureuil (Meuse) nous aussi nous battons en retraite, là c'est la guerre, Boureuil perdu et repris par la 8e batterie du 61e.
De ce jour la débâcle de 1914 ; aucunes nouvelles, aucunes communications avec le civil.

22 septembre 1914

Enfin il m'est permis d'écrire un mot à ceux que j'aime, nous manquons un peu de tout.

28 septembre 1914

Nous voilà dans la Marne.

1er Octobre 1914

Ludes (près Reims Marne). Pour soulager ma fatigue, je viens de recevoir effets et argent envoyés par ma chère petite femme. delà nous allons vers Fère-champenoise, ici une grande bataille, tant est saccagé, que de cadavres ; Je rencontre là le 138e d'infanterie de Magnac-Laval ; également le 21e d'artillerie d'Angoulême. J'ai reconnu quelques camarades ; heureux de nous retrouver sur le chemin de la victoire ce jour. J'ai trouvé aussi des habitants de Rimogne qui comme les miens hélas ont dû fuir devant l'envahisseur. Monsieur Horbette adjoint au maire de Rimogne avec sa famille, et quelques autres habitants partis le 26 août. Dans cette victoire de la Marne nous espérions déjà revoir notre cher pays, et nous disions à bientôt.

4 octobre 1914

La retraite boche est finie.

6 octobre 1914
6h du soir

Que de vide dans nos rangs. Les boches bombardent la cathédrale de Reims. Je ne vois plus que les grandes tours, c'est odieux de détruire ce que la France considère comme un de ces monuments les plus historiques. ils bombardent aussi la belle ville de Reims sans aucune nécessité militaire.

8 octobre 1914
11h du matin

Nous voilà en Belgique, dans les Flandres, vision terrible, que de cadavres, les boches viennent par rangs serrés ; les batteries du 61e d'artillerie fauchent leurs rangs, en deux jours au moins 30.000 dit le communiqué officiel.

9 octobre 1914

Je suis blessé légèrement à la main, ce qui me fait souffrir par ce froid terrible, mais ce...

.....

avons la boue j'usqua la cinture et malgrès cela jours et nuits nous marchons voilà 4 jours la bataille et terrible des deux côtés. Je souffre toujours de ma main. je prends la garde avec un pauvre vieux de 43 ans. Je voudrais pouvoir tenir sa place et la mienne.

23 Novembre 1914

La neige a fait son apparition mais le canon tonne sans cesse.

4 Décembre 1914

aujourd'hui Ste Barbe fête des ardoisiers de Rimogne nous l'avons souhaitée aux boches, ils l'ont trouvée un peu amère. Viot ma écrit il est à l'hopital à Elbeuf il se dit aller bien j'en suis tout heureux.

22 Décembre 1914

Je quitte le train régimentaire je reprend ma place au ravitaillement des batteries. pour le 1er voyage quelle triste vue, hommes chevaux, pièces tout a sauté.

24 Décembre 1914

Nous sommes abrités dans une petite ferme mais les obus pleuvent chaque côté de nous nous en avons déjà l'habitude cela ne nous effrayent pas cela ne nous empêche pas de fabriquer des pipes en bois avec nos couteaux. je suis allé ravitailler, mon képis a été troué par un éclat d'obus, nous nous avons...

22 Mai 1915

Je suis vraiment souffrant le major m'envoie à l'Infirmerie et je suis à la diète complète jusqu'au 30 je reste là.

31 Mai 1915

Je suis évacué à Bar-le-Duc dans la Meuse que cela ma semblé drôle de me désabiller et de coucher dans des draps. je suis ateint de la fièvre typhoïde jusqu'au 28 Juillet. Je suis resté Hopital Exelmance Bar-le-Duc Meuse.

28 Juillet 1915

Je suis évacué à Loches dans la Charente jusqu'au 28 août.

28 Août 1915

Hopital de convalescent à Angoulême jusqu'au 4 Septembre.

5

Septembre jour enfin pu retrouvé les miens que ne n'avais pas vue depuis mon départ de Rimogne, a part une visite de ma femme a venue me faire à Bar-le-Duc et 5 jours qu'elle a passée près de moi à Loches avec notre fils aîné,  que cela semble bon de revivre auprès des siens quel précieux réconfort en quelques jours de permission.

7 octobre 1915

Je rejoint le dépot du 61ème Artillerie qui par suite de l'invasion est transféré de Verdun et Chalon sur Marne à Rennes Ile et Vilaine jusqu'au 3 Novembre je fait le dressage des...

22 Mai 1916

Nous sommes rentrés de ravitailler l'artillerie lourde au fort de Coisel t'ellement la nuit était noire nous ne pouvions apercevoir nos chevaux une fois décendu et la pluie battante : de cette fameuse bataille a Verdun le poilu di (on les aura).

24 Mai 1916

Nous avons été ravitailler toute la nuit et les boches nous ont fait un tir de barrage infernal.

25 Mai

encore au ravitaillement encore des prisonnier boches et dans quel état les épaves de la bataille de Verdun.

28 Mai 1916

Aujourd'hui nous avons reçu du renfort il était temps voila 45 jours que nous sommes dans cet enfer sans relâche nuits et jours.
Enfin j'ai pu faire la lessive et me netoyer un peu a la maudit toto.. puis les prisonniers qui passe eux tout réjouis dêtre chez nous. Comme distraction impésionante la lutte d'avions.

30 Mai 1916

Les boches bombardent nos campements attention à la casse vivement que l'on cogne dessus et que tout cela finisse. Le bois Bourru, le bois des Sartelles Chattencourt sont mes dernières étapes de ce mois.

2 Juin 1916

Mauvais présage les permissions sont suspendues nous aprenons que les avions boches ont fait une excurtion à Bar-le-Duc.

23 Décembre 1916

Paris en permission a Vincennes auprès de ma femme mes deux petits enfants sont en garde dans la famille a la Creuse l'ainé à Paris qu'elle tristesse pour ces 7 jours de permission de ne pas pouvoir se réunir avec sa petite famille et pas de chez soi malgrés cela on se refait un peu la santé et le moral aussi avec l'espoir des jours meilleurs.

2 Janvier 1917

rejoint la section a Aigny (Marne)

7 Janvier 1917

Partis en position a Mourmelon le Grand. nous avons cantonner dans les casernes du 46ème d'Artillerie

22 Janvier 1917

cantonner à Vraux Marne

26 Janvier

cantonner a Oger (Marne

le 27 Janvier

a Braisil

28 "

a Auilly

29 "

a Laneuville

21 Février 1917

Partit de la Neuville au Laris a 8 heures du matin nous avons cantonner a Airy Marne

22 Février 1917

revenu au repos a Villeneuve près Vertus dans la Marne

14 Août 1917

Nous avons ravitailler 226 artillerie près le p. C. alsace par le bombardement nous avons perdu 3 hommes 4 chevaux

15 août

ravitaillement des bandes de cartouches de mitrailleuses nous avons perdus 5 hommes 12 chevaux tués par les bombes d'avions au P. C. Alsace, continuer le ravitaillement jusqu'au

22 Septembre 1917

La joie passe a l'Etat major on a enfin reconnu que j'ai largement fait ma part et que balles, obus, m'avait jusqu'ici épargné

22 Septembre

a Sommedieu près Verdun

26 Septembre

partit en permission

7 octobre

revenu a Blenod-les Toul au repos

4 octobre 1917

partit en position a Saizerais

14 janvier 1917

quitté Saizerais pour aller a Damêvre

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