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Le déclin et la fin des ardoisières

Les Ardoisières connurent leurs premières difficultés lors des deux guerres mondiales qui ont ralenti puis arrêté la production. Le manque de main d'oeuvre a commencé à se faire ressentir et c'est la main d'oeuvre étrangère qui est venue à la rescousse. C'en est suivi une période de renouveau économique où il a fallu produire afin de reconstruire les dégats occasionnés par la guerre. Léon Voisin indique que 1930 est l'année où les fosses sont au maximum. Je tiens à remercier Mme Annie Roland qui m'a confié le buvard ci-contre.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des fosses sont partiellement noyées. Le travail a du mal à reprendre du fait de la main d'oeuvre qui manque toujours. De plus, l'ardoise n'est plus un matériau d'avenir, les tuiles et autres matériau commencent à grignoter du terrain. On essaie de redynamiser le bassin en dotant la Fosse Saint Quentin d'un ascenseur. Mais on sent que la fin est proche.

Le 15 juillet 1971, c'est fini. Le comité d'entreprise s'était réuni le 30 mars. "Ou nous continuons dans les conditions actuelles et nous sommes à la merci d'une faillite qui aurait pour conséquence l'arrêt brutal et complet de nos activités ou nous prenons tout de suite la décision d'arrêter progressivement nos chantiers avec des licenciements échelonnés qui permettront aux ouvriers d'essayer de se reconvertir dans de bien meilleures conditions. En outre cette deuxième solution nous laisse espérer la poursuite de l'exploitation de l'usine de broyage, ce qui maintiendrait une trentaine d'ouvriers dans leur emploi. [...] Enfin, pour conclure, le comité d'entreprise demande que le Gouvernement daigne consacrer un peu de son temps à l'examen du cas particulier des Ardoisières des Ardennes et de la situation de l'emploi dans ce département de tout temps défavorisé." Ces quelques phrases tirées d'un document confié par Gabriel Grimont sont éloquentes. Avec elles se finissent plus de 800 ans de travail de l'ardoise. Les moines en avaient obtenu le droit par Pierre de Montcornet en 1158, les Rousseau sont devenus les Maîtres de Rimogne et de l'Ardoise, 800 ans de travail, de sueur, de chagrins, de joie également. Ce qui faisait Rimogne s'est définitivement éteint. Il ne reste aujourd'hui que des vestiges, des souvenirs...

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