C'est un ensemble de cartes très intéressant que je vais vous présenter. Il est rare que l'on réussisse à réunir par hasard un si grand nombre de cartes postées par la même famille. Toutes les lettres sont adressées à M. Charles François et son épouse Alice domiciliés 160 Avenue de Versailles dans le 16ème arrondissement à Paris. Il semblerait que la mère de Charles habite également avec eux. Les cartes sont toutes envoyées par la soeur de Charles, Louise qui s'est mariée avec André. Les cartes ne font hélas pas mention du nom de famille.
La première carte postée en janvier 1905 est adressée à Alice. Louise la remercie de son envoi de salade et d'oranges. Louise dit qu'elle se croirait en Algérie en regardant les oranges. Est-ce qu'elle vient d'Algérie, y a-t-elle fait un voyage ? Et le fait qu'elle dise qu'elle est privée de salade serait-il le résultat de restrictions ou alors de mauvaises conditions climatiques ?
Sur la carte suivante postée le 28 juillet 1907, on apprend qu'André est malade et qu'il est en convalescence. Cette carte est d'autant plus intéressante que Louise marque l'emplacement de sa future maison sur le recto de la carte postale comme vous pouvez le voir à droite. Elle indique qu'elle a hâte d'être au mois prochain pour y être emménagée. On peut donc penser que fin août 1907, s'il n'y a pas eu de contre temps, elle y habitera avec son mari. On apprend également que sa mère a prévu de venir chez sa fille et c'est là que cet ensemble de cartes postales est vraiment intéressant, c'est que la prochaine carte a été écrite par sa mère.
Mme François mère a donc écrit la troisième carte postale le 8 août 1908. Dans cette carte, elle indique un remède apparemment pour les cheveux qui consiste à faire bouillir des orties dans l'eau puis dans le vinaigre.
Louise écrit la prochaine lettre, sa mère est toujours à la maison. Louise parle des photos de sa mère et de Mme Lamblin prises par son frère. Scènes de vie touchantes.
La dernière carte a été écrite le 31 octobre 1908. Elle envoie deux perdreaux à son frère, sûrement tués à la chasse par son mari. Qu'elle nous paraît loin cette époque où l'on remettait au train tout et n'importe quoi. "J'espère qu'ils arriveront en bon état, vous serez bien aimable de nous en aviser." Et pour une fois, André signe également la carte.